|
Voilà
un mois -déjà ! - que je suis au Sénégal.
Le temps passe vite à Tambacounda où j'écarquille
les yeux en permanence.
La base fourmille d'activités. Les VP
vont et viennent dans leurs pick-up, les réunions
GTVet PDRSO se programment, le coordinateur
nous parle de GTO-GTF et François Dibor alias
FDK fait résonner sa voix de stentor, bref,
c'est l'immersion rapide dans la piscine AFVP et dans une
ambiance technique, sympathique et plutôt rassurante.
Hier soir, tous les VP ou presque sont allés voir Youssou
N'dour qui vient chanter à Tamba. Qui c'est celui-là
? Pas encore dans le coup, et anéantie par la chaleur,
je préfère me reposer dans la case de passage,
sans savoir que ce soir là, je loupais vraiment quelque
chose !
Pendant 10 jours, nous avons suivi une formation au "diagnostic
participatif", méthode très sérieuse
pour faire s'exprimer tout un village sur ses objectifs de
développement. Pascal nous a dit : on va commencer
par Sambacounda, dont vont s'occuper Marie-Noëlle et
Salif (mon animateur préféré). Pascal
et moi nous chargeons des courses. Une semaine à passer
au village, pas question d'être à charge !
|
|
La
première réunion a lieu le soir même.
Vers 22 h, entre chien et loup, nous voyons arriver un à
un les hommes, que nous avons tous convoqués pour 21
h. Le village est tranquille, nous entendons juste quelques
bruits de marmites en train d'être nettoyées,
quelques femmes qui discutent encore d'une maison à
l'autre, sans se soucier des oreilles indiscrètes qui
pourraient écouter. Je commence à sentir l'ambiance
particulière qui règne ici, un monde à
part, déconnecté des turbulences de la ville,
un rythme qui est tout simplement celui de la vie, des saisons,
et surtout, un respect mutuel et un fonctionnement social
à part.
Nous discutons à voix basse, en nous distinguant à
peine. Soudain, une voix cassée s'élève
et nous précise que nous pouvons commencer, car tous
sont là. Pascal prend la parole
C'est le début
d'un aller-retour avec le traducteur. Bien-sûr, ils
nous accueillent à bras ouverts, ils comprennent ce
que nous sommes venus faire. Il faudra pourtant expliquer
longtemps que nous n'apportons rien, seulement nous-mêmes,
pour l'instant, et que nous sommes là pour les aider
à réfléchir sur les problèmes
à résoudre en priorité au village. Difficile
de répondre à la requête qui revient constamment
: " il faut nous aider à avoir un bon puits
" et de faire comprendre la phase préalable de
" diagnostic " et de " mise en confiance "
discutée en équipe.
A la fin de la réunion, chacun se prépare pour
la nuit. Brosse à dents, lampe torche, seau d'eau puisée
par la femme qui nous accueille (pas question de le faire
nous-même), nous nous préparons à passer
une nuit à la belle étoile, sur nos matelas
en mousse
le luxe, un vrai régal !
A demain les villageois qui m'avez si vite adoptée
et déjà merci de m'offrir cette merveilleuse
opportunité de vivre au creux de votre village, de
si riches découvertes.
|