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Niger
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Sur
les rives du fleuve Niger, il n'est pas rare de rencontrer
quelques génies.
Certains sont bienfaisants, pour d'autres mieux vaut ne pas
les croiser !
Dans la campagne environnante, à la tombée de
la nuit, ce sont les sorcières qui peuvent enfin sortir
et s'exprimer. Attention, ne laissez pas sortir les jeunes
enfants, elles pourraient manger leur âme. Ecoutez plutôt
ce témoignage d'un enseignant :
Ce soir là
je rentrai tard après avoir rendu visite à
des amis, je l'ai vu roder autour de la concession, son
corps transparent rayonnait au milieu des buissons, elle
émettait une lumière
- Tu es sur qu'il s'agissait d'une sorcière ?
- Bien sûr, il y en a beaucoup par ici, on les connaît,
ce sont des femmes seules, le jour elles ont une apparence
normale.
- Je peux les voir ?
- Toi ? Tu es blanche donc tu ne crois pas aux sorcières,
même si tu les vois, elles ne pourront rien te faire.
D'ailleurs tu en as déjà vu.
- Ah bon !
- Oui, cette fille qui vient chaque matin chez Aicha, elle
est sorcière.
Je
relatai cette conversation auprès d'Aicha qui d'un
ton très naturel m'explique qu'elle a réussi
à écarter cette fille grâce à un
encens spécialement préparé pour l'occasion.
La sorcière, lors de sa visite matinale aurait
remarqué l'odeur : "tiens, tu utilises ça,
toi ?", et ne serait jamais revenue.
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Les
génies, eux, je ne les ai jamais vus, par contre
quand un génie prend possession d'une personne
apparemment ordinaire, c'est très impressionnant.
Ecoutez plutôt...
Nous
sommes en fin d 'après-midi, et j'entame ma dernière
visite d'école. La descente des drapeaux étant
faite, les enfants se dispersent. Devant mon regard
interrogateur, l'enseignant m'explique l'origine de
cette musique qui semble venir de la place du village.
Ce soir les paysans vont faire une offrande aux génies
afin que les pluies soient suffisantes pour la prochaine
récolte.
J'aimerai
savoir en quoi consiste cette prière et je sollicite
l'enseignant :
Toi, tu peux y aller sans problème mais je
ne peux pas t'accompagner, je suis musulman !
Finalement, sans trop me comprendre, Ada m'accompagne
à cette cérémonie.
Les musiciens frappent calebasses et djembés.
Pendant une ou deux heures l'ambiance est calme, les
danseurs forment un cercle.
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La
nuit tombe et soudain c'est l'explosion !
Une femme se raidit et commence à crier avec une voix
venue d'ailleurs, les spectateurs lui arrachant l'enfant qu'elle
porte sur le dos, de l'autre côté c'est un berger
qui rentre dans la danse, il est d'abord exubérant
puis commence aussi à se raidir, à baver
Je suis la seule à être surprise, c'est à
peine si les gens qui passent détournent le regard.
Ada, bien que bon musulman semble habitué à
ces cérémonies et me demande d'observer le tablier.
Le vendeur de cigarette a perdu ses clients, son regard est
vide, très fixe. D'un bond, il écarte sa table
garnie de bonbons et cigarettes et se rue dans la danse.
-
C'est toujours pareil, il n'arrive pas à résister
!
- Les gens n'ont pas le choix ?
- Non, c'est le génie qui les habite, c'est comme ça.
Je sais que si j'emmène mon fils aîné
il sera pris par le génie. Il a un don. Alors je ne
l'emmène pas.
Les danseurs sacrifient un poulet, son sang est enfouit sous
terre
Espérons
qu'elle sera bonne cette récolte !!!
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